IADébutant7 mars 202610 min de lecture

La création du site Carré d'Astuce avec Claude, mode d'emploi

Comment créer un site grâce à claude, limites et avantages.

La création du site Carré d'Astuce avec Claude, mode d'emploi

De WordPress à Claude Code

Quand j’ai créé mon entreprise il y a quelques années, j’ai passé tout un week‑end sur WordPress. Comme tout le monde, j’ai pris un thème, je l’ai installé, puis j’ai essayé de faire rentrer ma charte graphique dedans — ou plutôt de la plier au thème que j’avais choisi. Résultat : un site en ligne, mais vide de sens.

De la carte de visite à un vrai projet

Quelques années plus tard, l’arrivée de ChatGPT m’a donné une fausse bonne idée : transformer mon site en landing page. J’avais fermé ma SASU et je souhaitais garder une présence en ligne sur mon domaine. J’ai bricolé en quelques prompts sur GPT‑4.0, le modèle qui promettait de remplacer les développeurs. Résultat ? Un texte qui sentait le prompt à plein nez, une mise en page figée, et cette impression que le site me ressemblait encore moins qu’avant.

C’est en découvrant Claude Code que quelque chose a changé. Pas parce que c’est « encore un outil IA », mais parce que, pour la première fois, j’avais l’impression de pouvoir construire un projet réel — pas un prototype jetable, pas une démonstration de faisabilité. Un vrai site, avec une vraie architecture, sur lequel on itère.

Alors au lieu de m’en servir pour des petits scripts sans lendemain ou pour faire la conversation, j’ai pris le projet que j’avais dans la tête depuis des années et je l’ai sorti du tiroir. Ce site — celui sur lequel vous lisez ces lignes — a été développé en quelques heures. Pas quelques semaines. Quelques heures. Voici l’article comme j’aurais aimé le lire il y a quelques mois, quand j’étais complètement perdu.

Du chat à l’agent : comment j’ai vraiment commencé à utiliser Claude Code

Soyons honnêtes : je n’étais pas un early adopter de Claude Code. Ça faisait six mois que je voyais passer des tweets enthousiastes sur cet IA, ce genre de posts où des gens affirment avoir « tout construit en un week‑end » ou que ce sera l’IA de l’année 2026. Je regardais ça avec le scepticisme poli de quelqu’un qui a déjà été brûlé par ChatGPT et ses fausses promesses au modèle normand (desfois ça marche, desfois ça marche pas). Perplexity m’a permis d’aller plus loin, mais je suis resté en mode conversation, très peu en mode création.

Le déclic est venu d’un cours : Claude Code for PMs. Le titre m’a parlé immédiatement, parce que mes vrais problèmes professionnels ne sont pas des problèmes de code — ce sont des problèmes de forme, de temps et de structuration. Faire une présentation sans y passer trois heures pour aligner des éléments ou choisir une couleur. Monter un POC pour me rendre compte que l’idée est mauvaise. Mettre de l’ordre dans une idée floue, que ce soit la mienne ou celle qu’on me demande d’exécuter.

Le mode plan change tout

Ce que j’avais raté jusque‑là, c’est que Claude Code ne s’utilise pas comme un chat. Avec ChatGPT, on passe du temps à ciseler un prompt avant d’appuyer sur Entrée. Avec le mode plan de Claude Code, vous partez d’une idée grossière et vous conversez pour l’affiner. L’IA ne vous attend pas au tournant, elle vous accompagne dans la réflexion. C’est un changement de posture, pas juste un changement d’outil.

J’ai aussi découvert en parallèle la méthode BMAD — Breakthrough Method for Agentic Development. Elle va encore plus loin que le mode plan : elle structure un vrai brainstorming, challenge l’idée de départ, et crée une équipe d’agents capables de passer d’un concept à une implémentation. C’est là que j’ai compris qu’on n’était plus dans la logique « prompt → réponse ».

Deux heures à bien exprimer ce que vous avez en tête

Pour ce site, j’ai passé deux heures à définir le contexte avant que l’IA écrive une ligne de code. J’ai expliqué ma situation réelle : ce site est un projet parallèle, j’ai peu de temps disponible, des assets déjà existants (logo, charte graphique), des contraintes techniques précises. Cette phase de cadrage a transformé l’idée d’un « site avec des articles » en quelque chose de plus structuré, avec des fonctionnalités que je n’aurais pas formulées seul et un vrai plan à 6 mois. À moi maintenant de trouver le temps de l’exécuter.

Ce qui m’a frappé : la seule limite était mon imagination. Et là, j’en ai beaucoup. J’ai découvert par la suite que la limite était mes tokens quotidiens aussi…

L’infrastructure, c’est lui qui l’a organisée

N’étant pas développeur, j’ai aussi exposé mes contraintes techniques : noms de domaine, email, hébergement. Résultat concret : domaine basculé sur Cloudflare, emails pro sur Google Workspace, site déployé sur Vercel (gratuit, et suffisant pour l’instant). Un VPS est déjà dans le plan pour la suite (Hostinger KVM 2). Et dans mon plan, Claude me le rappelle en disant « pour l’instant, reste sur Vercel, tu n’en as pas besoin pour le moment ».

Ce qu’il faut comprendre avant de se lancer

GitHub d’abord. C’est ma recommandation principale. Avant de toucher à Claude Code, comprenez ce qu’est un commit, un push, une branche. Le workflow est simple : Claude Code crée et modifie le code, GitHub versionne, Vercel déploie automatiquement. Si ces mots ne vous parlent pas encore, prenez trente minutes sur YouTube ou en mode chat avec votre IA préférée. Vous gagnerez un temps considérable une fois lancé.

Les tokens ont une limite. Au départ, on a tendance à partir dans tous les sens, à charger des contextes lourds, à multiplier les fichiers. Le compteur tourne vite. Discipline à acquérir rapidement.

On itère, on n’attend pas la perfection du premier prompt. Claude Code crée une première version, vous l’ajustez, vous relancez. C’est comme ça que j’ai aussi développé deux outils intégrés au site — un sur la gestion des cookies et un sur les bandeaux de consentement — en lui fournissant de la documentation PDF et en faisant plusieurs allers‑retours conversationnels sur chacun. Mode plan, échange, création, ajustement. Répéter.

Côté sécurité et SEO : je lui ai imposé des standards minimums dès le départ — checks de sécurité, base de design propre, optimisations SEO fondamentales. Je ne peux pas affirmer aujourd’hui que chaque ligne de code est parfaite, mais les vérifications ont été faites et le site tourne. Il m’arrive quand même de faire des erreurs, la dernière en date : j’ai installé un outil analytics qui a créé une fausse erreur d’inscription newsletter. On me l’a signalée le matin, elle était corrigée l’après‑midi.

À vous de jouer

Le site que vous lisez en ce moment a été construit en plusieurs soirées de quelques heures de travail. Si je devais recommencer, je pense qu’une soirée suffirait. C’est la preuve la plus concrète que je pouvais vous donner, et elle est là, sous vos yeux.

Si vous voulez reproduire la démarche, commencez par le cours Claude Code for PM ; il est gratuit, et la licence Claude Code à 20 € que vous allez prendre pour suivre la formation sera bien plus intéressante que n’importe quelle formation d’un type à Dubaï à 497 €.

Le vrai levier, celui que la plupart des gens sous‑estiment, c’est la culture des standards. Pas besoin d’apprendre à coder. En revanche, avoir une idée de ce que sont les conventions de développement, les principes de design system ou les bonnes pratiques SEO va transformer la qualité de vos prompts — et donc de vos résultats. C’est un cercle vertueux assez brutal : l’IA vous augmente, mais elle augmente d’abord ce que vous lui apportez. Cela va prendre plusieurs formes : pour des prompts d’image, connaître les styles de peinture, les types d’éclairage, les formats permet d’avoir une meilleure qualité.

En écrivant ces lignes, je me rappelle d’une certification OPQUAST que j’ai passée il y a quelques années, avec une checklist de 237 critères : Opquast.
Grâce à Claude, je vais pouvoir automatiser ce check et corriger ce que je trouve pertinent.

Je ne vais pas vous mentir, travailler sur ces projets me donne régulièrement le vertige. J’ai l’impression de redécouvrir internet depuis le début, comme si on reposait les fondations. Les métiers du numérique vont changer en profondeur, cela donne un certain vertige. Cela me rappelle les « allergiques aux ordinateurs » dans les années 1990, qui se sont retrouvés progressivement mis sur la touche : on risque de vivre la même chose avec les allergiques à l’IA.

La bonne nouvelle : le train est parti, mais il est encore très facile de monter dedans.

Mon dernier conseil est simple : lancez un projet. Même local, même imparfait, même si personne d’autre que vous ne le voit. Puis ouvrez GitHub, ouvrez Vercel, déployez‑le et envoyez le lien à un collègue. Faites‑vous guider sur Claude quand il vous proposera d’héberger sur un Supabase ou de lancer votre page via Surge.sh.
Mon meilleur carburant du moment est de voir prendre vie tous ces projets ; j’ai l’impression de redécouvrir mon travail.

La seule limite, maintenant, c’est ce que vous imaginez.

Ressources citées dans l'article

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